Voir l’invisible

L’Avent….
Temps qui passe, temps des commencements, temps pour lequel il nous appartient de donner sens.

Dans la mesure de notre possible, le temps de l’Avent n’est il pas au moins une invitation à ralentir, pour se consacrer à l’essentiel, caché dans notre humble quotidien, dans le présent de nos vies de familles ?

N’est-il pas aussi un avertissement ? Le tout et le tout de suite sont l’illusion destructrice de la toute puissance .Concevoir un enfant, devenir soi-même, nécessitent du temps et nous font consentir au vulnérable. L’essentiel s’épanouit dans le silence du temps qui passe.

L’Avent…
Temps pour la vie accueillie, comme la Vierge Marie a pu le vivre, dans la discrétion, l’interrogation, la confiance. Vie bien présente en elle et pourtant invisible pour bien des regards, de personnes indifférentes, pressées ou distraites. Mystère de l’incarnation qui ne se laisse contempler que par ceux qui savent prendre le temps de l’écoute et de l’attention à l’autre, gratuitement…

L’Avent…
Une invitation à vivre la bienveillance, à renouveler notre regard sur les personnes, les événements, sur nous mêmes, en nous désencombrant de tout ce qui embrouille et même rend aveugle, en nous laissant vivre à la superficie de notre être.

L’Avent…
Invitation au bonheur ! Nous avons tous soif de bonheur. Mais sur cette terre, il peut souvent apparaitre fragile, fuyant et même parfois éphémère. Pour nous chrétiens, le bonheur a un Visage, il a même une famille.

Marthe Robin vient d’être déclarée vénérable par le Pape François. Les milliers de personnes qui lui ont rendu visite dans sa petite chambre obscure de la ferme familiale à Chateauneuf de Galaure ont fait cette expérience de la lumière d’une simple parole qui peut surgir de la pénombre même dans une toute petite voix fragile.

Le secret du bonheur est caché dans l’Evangile.
Au-delà des épreuves et des souffrances de l’enfantement de notre humanité, il y a l’Evangile de la joie ! Et si pendant ce temps de l’Avent nous prenions le temps de nous arrêter, régulièrement, fidèlement, pour mieux accueillir la Parole ?

Alors en solitude ou en famille, en prière devant une simple petite lumière allumée dans notre maison, même s’il fait bien sombre dehors, peut être pourrions nous mieux entrevoir l’Invisible…

« Que le terre s’entrouvre et le salut s’épanouisse ! » Is 45

Benoit Gosselin