Le monde des jeunes est à l’abandon

La psychanalyste Julia Kristeva, spécialiste des jeunes, observe: « Aujourd’hui, l’Europe est la seule civilisation où il n’y a pas de rites d’initiation, où on a oublié le passage de l’adolescence à la maturité…. Personne n’accompagne les ados, on ignore leur immense besoin d’idéaux… Le monde des jeunes est à l’abandon. Une partie glisse vers l’indifférence, certains se tournent vers diverses spiritualités tandis que d’autres se précipitent vers le ‘mal radical’. » À la fin, ces jeunes ne connaissent pas la différence entre le bien et le mal… « Ils sont des proies faciles pour les extrémismes violents. » (1).

Parmi les remèdes évoqués, on brandit l’apprentissage de la laïcité. Encore faudrait-il s’assurer que tout le monde est d’accord sur le sens de ce mot, écrit  l’historien Émile Poulat (1)  qui dit ne pas en être sûr. Lors de l’installation de l’Observatoire de la laïcité, François Hollande a demandé qu’il formule des propositions relatives à « la question de la définition et de l’encadrement de la laïcité »

Dans son livre, Émile Poulat s’essaie à quelques définitions: « La laïcité est une culture qui permet l’intégration de tout le monde mais qui ne peut la garantir… Elle est aussi un lieu de communication… Elle requiert le respect mutuel… C’est la liberté publique de conscience. Mais, certaines conceptions de la laïcité peuvent conduire à désigner la religion comme l’ennemi, l’Église catholique autrefois, l’islam aujourd’hui. » Il appelle aussi à ne pas confondre des usages sociaux avec la laïcité.

extrait éditorial François Regis Hutin OF du 31 Janvier 2015

134929377(1) Notre laïcité ou les religions dans l’espace public, Émile Poulat, éditions Desclée de Brouwer

 

 

 

 

 

 

« Si l’homme veut être sa propre mesure, il se replie sur lui-même et sème le désordre, l’égoïsme et ultimement la désolation »
Pape François Nov 14