Le monde a besoin d’une « forte injection d’esprit familial »

Chers frères et sœurs, bonjour !

Un regard attentif sur la vie quotidienne des hommes et des femmes d’aujourd’hui montre immédiatement le besoin, qu’on retrouve partout, d’une forte injection d’esprit familial. En effet, le style des relations – civiles, économiques, juridiques, professionnelles, de citoyenneté – apparaît très rationnel, formel, organisé, mais aussi très « déshydraté », aride, anonyme. Il devient parfois insupportable.

Tout en voulant être inclusif dans les formes, dans la réalité il abandonne à la solitude et au rebut un nombre toujours plus grand de personnes.

Voilà pourquoi la famille ouvre, pour la société entière, une perspective bien plus humaine : elle ouvre les yeux des enfants sur la vie – et pas seulement le regard, mais aussi tous les autres sens – représentant une vision de la relation humaine édifiée sur la libre alliance d’amour. La famille introduit au besoin des liens de fidélité, de sincérité, de confiance, de coopération et de respect ; elle encourage à projeter un monde habitable et à croire dans les rapports de confiance, y compris dans des conditions difficiles ; elle enseigne à honorer la parole donnée, le respect des personnes individuelles, le partage des limites personnelles et de celles des autres.

Et nous sommes tous conscients du caractère irremplaçable de l’attention familiale à l’égard des membres plus petits, plus vulnérables, plus blessés et jusqu’à ceux qui ont mené les vies les plus désordonnées. Dans la société, ceux qui adoptent ces attitudes, les ont assimilées à partir d’un esprit de famille et certainement pas de la compétition et du désir de réalisation personnelle.

Eh bien, bien que l’on sache tout cela, on ne donne pas à la famille le poids qui lui est dû – avec la reconnaissance et le soutien – dans l’organisation politique et économique de la société contemporaine. Je dirais même plus : la famille non seulement ne reçoit pas une juste reconnaissance mais elle ne génère pas non plus d’apprentissage !

Parfois, on aurait envie de dire que, avec toute sa science et sa technique, la société moderne n’est pas encore en mesure de traduire ces connaissances en de meilleures formes de coexistence civile. Non seulement l’organisation de la vie commune s’échoue de plus en plus dans une bureaucratie totalement étrangère aux liens humains fondamentaux, mais les mœurs sociales et politiques donnent souvent des signes de dégradation – agressivité, vulgarité, mépris – qui sont bien en-dessous du seuil d’une éducation familiale même minimale.

Dans ces circonstances, les extrêmes opposés de cet avilissement des relations – à savoir la stupidité technocratique et le « familisme amoral » – se conjuguent et s’alimentent mutuellement. C’est un paradoxe.

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Pape François – Rome, mercredi 7 octobre 2015
cf  Pour renouveler la société et l’Eglise