Tu fais quoi à la rentrée ?

 » Dès l’aube, on entend parler chiffres, marchés, taux de croissance prévisionnel et tutti quanti.

Derrière ce zèle matinal, on devine une obscure inquiétude. Elle paraît révélatrice du climat de l’époque : la peur, le souci de rendement personnel, la crainte de ne pas être performant.

La société moderne toute entière est habitée par une anxiété spécifique, d’autant plus tyrannique que nous ne l’avons pas vu venir. Les sondages montrent qu’une majorité de nos compatriotes vit désormais dans la crainte de perdre leur emploi.

La persistance d’un chômage massif a généré, au fil des ans, des conséquences en chaîne, un peu comme un cancer qui diffuserait ses métastases. A côté des cinq ou six millions de personnes affectées directement, des millions d’autres en souffrent indirectement. Et la peur se répand !

Une société qui a peur est une société qui se durcit. L’autre, dès lors, est d’abord un concurrent potentiel, un rival, un ennemi. Les sociétés qui perdent confiance perdent, dans le même temps, la plus élémentaire joie de vivre. Cette peur est d’ailleurs aggravée par la violence aveugle qui peut surgir de nulle part comme par les nouveaux codes sociaux et leurs injonctions : produire, réussir, gagner, vendre…

La machine économique est devenue dans bien des endroits une machine à concasser les humains. Il n’y a plus guère de place pour les faibles, les moins bons ou même les ratages momentanés. Cette cruauté barbare s’applique à tous les domaines, toutes les classes d’âge et toutes les catégories : des écoliers aux salariés les plus modestes en passant par les cadres ou n’importe quel dirigeant.(1)

Quand s’estompent les cris du déferlement de la violence sous toutes ses formes , comment ne pas sentir autour de nous ce grand froid qui s’installe ?

Il y a urgence. Il nous faut réapprendre individuellement et collectivement à devenir humain .

Par bonheur certaines rencontres nous laissent entrevoir un possible !

Il y a urgence à redécouvrir la valeur de l’inutile !

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Sur les bords du St Laurent – Port au Persil – Charlevoix – Quebec

 

(1) Jean Claude Guillebaud  « l’urgence de l inutile  «