Traverser ensemble …

…. Une suite à plusieurs interventions récentes à destination de couples et d’étudiants sur le sujet de l’écologie humaine intégrale à la lumière de la spiritualité chrétienne :

 » Nous avons peut-être l’impression que la mort domine dans notre existence. Au fond, la question essentielle pourrait être de sans cesse chercher ce qui nous permet de rester vivants. Non pas survivre au rabais, mais demeurer vraiment vivants, malgré tout.

Mais si, comme chrétiens, nous confessons la résurrection, c’est dès maintenant que nous croyons qu’elle est à l’œuvre. Un théologien des premiers temps de l’Église disait : « Que dise adieu à la vie éternelle celui qui ne la vit pas ici-bas’. » Alors qu’est-ce qui aujourd’hui dans notre vie est « digne de résurrection » ?

Ce qui est digne de résurrection, ce sont tous ces instants, petits ou grands, où la vie est plus forte que la mort. Quand on a toutes les raisons de s’arrêter et que, pourtant, on avance. Tous ces moments que personne ne pourra jamais nous reprendre. Cet homme qui sent si bon pour celle qu’il ne reconnaît plus. La joie que l’on peut donner à quelqu’un, alors même qu’on est déprimé. En tout cela, la résurrection, oui, c’est maintenant.

Ce qui est digne de résurrection, c’est tout ce que nous serions prêts à revivre si nous en avions la possibilité, tout ce que nous ne voudrions pas jeter si c’était à nous de faire le tri, tout ce qui, en soi, a du poids, de la densité, de l’épaisseur, de la consistance, tout ce qui n’est pas du vent, comme les mots qui ne sont pas des paroles creuses. Ce qui est digne de résurrection, on le trouve souvent dans le très quotidien, le très simple. Cela touche au corps, à la nourriture, au soin.

Ce qui est digne de résurrection enfin, on ne le sait pas, on ne le voit pas. Infinie discrétion du plus essentiel. C’est sans défense et sans prétention. C’est comme la caresse : un geste qui cherche sans posséder, qui accepte que l’autre échappe, un geste qui dit l’affection dans le silence, qui dit surtout l’affection essentielle : je ne peux pas vivre sans toi, «pas sans toi».

Même si au cœur de l’épreuve, nous ne traversons pas tous les mêmes expériences, nous traversons ensemble. Et l’on ne sort jamais indemne de ces traversées.

Ce qui est digne de résurrection, ce sont de multiples instants où la présence d’un autre a permis l’ouverture de notre horizon, le renforcement de notre courage, l’espérance d’un avenir possible, la confiance en l’existence malgré tous ses soubresauts.

Qu’il y ait là, pour certains, l’espace d’une expérience de Dieu, voire d’une expérience chrétienne de Dieu, n’est pas si surprenant : car la foi chrétienne atteste en effet que plus l’homme grandit dans sa vie d’homme, en épaisseur, plus la trace de Dieu grandit en lui.*

Merci aux étudiants du séminaire « La dimension spirituelle de la personne dans sa reconstruction post traumatique »  –
Merci pour votre enthousiasme et votre soutien. Un chemin de recherche est ouvert, un chemin de traverse, et nous traverserons ensemble !  
BG

 

MAJ nos prochains rendez vous

  • d’après Anne Lecu  « Ou es tu quand j’ai mal ? » – Cerf – 2005 – p102