Contemplatifs de la vie humaine

« Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?
Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu,
le couronnant de gloire et d’honneur. »
Psaume 8,5-56

Je vous invite à porter votre regard sur la vie humaine. Chère vie humaine, que dis-tu de toi-même ? Permettez-moi de vous partager une méditation. Prenez le temps de la lire jusqu’au bout. D’autant plus que ce 18 janvier, commencent en France les « États généraux de la bioéthique » au cours desquels bien des débats seront relatifs à notre vie. Chacun est invité, d’une manière ou d’une autre, à participer à ces débats. Face aux découvertes scientifiques, quelle vie voulons-nous vivre tous ensemble, avec nos différences ? Quelle société voulons-nous pour aujourd’hui et demain ?

Poser son regard sur la vie, c’est se risquer aux plus belles découvertes. Le pape François évoque souvent le « regard contemplatif ». Il s’agit d’un regard désintéressé et gratuit, qui se laisse instruire. Un regard attentif, qui ne se détourne pas en passant vite. Un regard bon, plein de patience et de confiance. Un regard bienveillant, qui n’est pas militant d’une cause. Bref, le regard de celui qui se laisse humblement toucher pour devenir émerveillé.

*

Pour évoquer la vie humaine, je veux d’abord dire merci à celles et ceux qui vivent de ce regard. Comment ne pas les saluer ! Ils se rendent proches des personnes fragilisées car elles sont en fin de vie, ou bien âgées et dépendantes, handicapées mentales et physiques, ou en maladie chronique, traumatisées, ou encore emportées par des conduites addictives. Fragilisées car elles sont des femmes enceintes dont l’enfant à naître est porteur de malformations, ou parce qu’elles ont le désir de voir naître leur enfant, ce qui provoque leur rejet, parfois violent. Fragilisées car ce sont de tout petits enfants, qui viennent de naître ou vont naître avec leurs droits propres. De toutes ces personnes et d’autres encore, il est pris soin avec attention, en les accueillant, les accompagnant, les soutenant, les aimant.

Ceux qui ont ce regard, je les ai vus briser les solitudes et s’engager dans une relation pleine d’empathie et de respect, envers ces personnes en vulnérabilité ! Ils en sortent toujours enrichis. Par leur expérience, ils savent que chacune est un trésor de vie, pour peu qu’on sache prendre du temps pour l’écouter et la recevoir telle qu’elle est. Ils comprennent l’importance de la juste compassion. Ils sont étonnés de leur espérance. Ils témoignent que la vie est belle, qu’elle est toujours incarnée dans des personnes en chair et en os, avec leur histoire, leur éducation et leur culture. Ils reconnaissent que chacune est absolument unique, tout en étant située dans une généalogie familiale qui donne sens à leur vie. Ils savent ainsi que la filiation de chacun doit être respectée avec la plus délicate attention.

Ils sont une armée humble et silencieuse, qui prennent soin de nos frères et sœurs fragilisés. Ils sont professionnels de santé, acteurs du service à la personne, bénévoles dans des associations ou des aumôneries, anonymes dans leur famille ou leur voisinage.

Oui, jour après jour, ils marchent à la rencontre de la vie : pour elle, ils se donnent beaucoup et ils en reçoivent beaucoup. Quel admirable échange, au quotidien de relations humaines pleines de qualité et d’intensité, de bonté et de compassion quand les souffrances sont là ! Qu’il est magnifique de prendre soin avec douceur et compétence de telle sorte que ces souffrances soient apaisées le plus possible !

Ils ont vu que la vie est toujours un don à recevoir. Ils ont conscience que la dignité humaine est inviolable et inaliénable, quelles que soient les fragilités vécues. Ils ont compris que les personnes en grande vulnérabilité faisaient sortir d’eux des ressources insoupçonnées d’humanité. Car ces personnes ont des talents, et il serait dramatique qu’ils demeurent enfouis ou supprimés, par peur, indifférence, exclusion ou mépris. Elles donnent du sens à l’action collective grâce à leurs talents qui ne viennent pas de la force, ni de l’argent ni du pouvoir, mais du cœur, de la capacité à nouer des relations essentielles, à faire confiance, à engendrer la joie.

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Ces contemplatifs de la vie humaine entendent parfois des slogans apparemment assurés et savamment médiatisés. J’avoue que je comprends leur tristesse, voire leur colère, face à ces soit disant certitudes selon lesquelles il serait évident que telle vie humaine ne vaudrait plus la peine d’être vécue ou qu’il est possible de la produire selon nos simples désirs d’adulte. Ils ont d’ailleurs entendu les terribles désespoirs que ces paroles engendrent quand, sûres d’elles, elles disqualifient des vies de personnes très fragilisées qui ont le courage d’aimer la vie et de vivre.

Ils se demandent alors si notre société n’aurait pas une conscience quelque peu endormie en raison des canons de la performance et de la rentabilité qui modèlent nos désirs. Ils s’interrogent sur nos techniques de plus en plus sophistiquées qui semblent agir comme des étalons de mesure pour évaluer une vie humaine sans défaut. Et même, ils s’inquiètent devant les marchands de rêves d’épanouissement idéal et sans limite, qui risquent de nous aveugler sur les capacités de vraies joies chez ces personnes vivant de grandes vulnérabilités.

En se mettant à l’école de nos frères et sœurs en situation de vulnérabilité, on apprend que chaque vie humaine est belle et vaut la peine d’être vécue. On s’engage alors avec sollicitude auprès de celles et ceux qui souffrent devant les vulnérabilités dans leurs familles. On se fait proches pour les écouter respectueusement, les aider, les accompagner afin qu’eux aussi finissent peu à peu par découvrir la même chose. Aimer la vie, c’est ne juger personne, mais c’est apporter sa pierre pour que grandisse en notre société une culture de vie, de soin, de relation et d’accompagnement.

*

« Chrétiens », c’est-à-dire « disciples » de Jésus, vous y avez une belle part. Vous savez que Dieu est le Dieu de la vie, qu’Il est venu nous révéler la beauté de la vie et qu’Il s’est identifié aux personnes dont la vie apparaissait la moins belle et la plus fragile. Jésus, qui aime la vie, est révolutionnaire ! « Il a fait resplendir la vie » (2 Timothée 1,10). Il a bouleversé le monde en apportant un message et un témoignage qui irriguent peu à peu les sociétés : le Royaume de Dieu appartient aux « petits » et ce sont eux qui le font grandir. Tout le monde le désire, car c’est un Royaume de paix et de justice, de liberté et de solidarité, de fraternité et de vie. Son éthique est guidée par l’amour « en actes et en vérité » (1 Jean 3,18).

Il est temps que nous réveillions nos consciences endormies et celles de nos contemporains afin que, tous ensemble, nous nous émerveillions devant la beauté de la vie en chaque être humain, de sa conception à sa mort naturelle. Il est juste de prier à cette intention. Il est tout aussi juste que chacun prenne ses responsabilités.

Chers amis, trouvez les moyens qui vous conviennent pour dire que chaque vie humaine est un trésor sans prix ! Témoignez de vos expériences, car cela peut toucher les cœurs et convaincre celles et ceux qui en doutent.

Il s’agit de « rendre raison » de la beauté de la vie humaine, don de Dieu, mais « avec douceur et respect », comme nous y invite l’apôtre saint Pierre (1 Pierre 3,15-16).

Rennes, le 17 janvier 2018
+ Pierre d’Ornellas
Archevêque de Rennes

 

3 intelligences pour donner du sens

Comment pouvons nous apporter du sens à nos vies ? 

Une approche d’écologie humaine intégrale qui n’exclue personne et aborde une question fondamentale :

RATIONNELLE, ÉMOTIONNELLE, SPIRITUELLE : TROIS INTELLIGENCES COMPLÉMENTAIRES

Aujourd’hui, la recherche nous montre qu’il y a trois formes d’intelligence ou, plus exactement, trois dimensions à l’intelligence :

  • l’intelligence rationnelle, qui est la capacité à analyser ;
  • l’intelligence émotionnelle, c’est-à-dire la capacité à comprendre les autres, de se comporter avec eux ;
  • l’intelligence spirituelle, qui constitue la capacité à donner du sens aux choses, dans notre vie.

Ces trois dimensions, appelées aussi la raison, le cœur et l’esprit, se combinent pour former notre intelligence. Nous pouvons ainsi analyser, nous comporter avec les autres et donner du sens aux choses conjointement, de façon harmonisée. Donner du sens à ce que l’on fait est donc constitutif de notre intelligence.

D’OÙ VIENT LE SENS ?

Certains pensent que le sens naît des relations sociales, de notre expérience.

D’autres que le sens vient de l’extérieur, soit par la nature, soit par Dieu (pour les personnes ayant foi en Dieu).

On a donc une seule intelligence spirituelle mais deux façons de comprendre d’où le sens provient. Dans les deux cas, il s’agit d’une croyance. Tandis que l’Homme « religieux » va inclure la relation  à Dieu, l’Homme « rationaliste » va chercher à donner de la cohérence à ce qu’il vit.

Certaines personnes vivent en harmonie avec ces deux approches.

FAUT-IL CHERCHER DU SENS ?

Pourquoi donc en chercher ? Certains estiment qu’il n’est pas nécessaire de chercher du sens. Ceux-ci ne développent donc pas leur intelligence spirituelle. Ainsi, Blaise Pascal dira dans Pensées que l’Homme doit se divertir pour se détourner de l’essentiel : le sens de sa vie.

Cette façon de voir les choses éclate souvent à l’occasion d’un drame, tel qu’un décès, ou bien lors d’une rencontre spirituelle. La question du sens se pose alors. Nous nous rendons compte que celui-ci n’est pas un détail et que la dimension spirituelle fait partie de notre intelligence, d’où l’importance de l’exercer.

COMMENT DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE SPIRITUELLE ?

Dès lors que nous comprenons que l’intelligence spirituelle est une dimension à part entière de notre intelligence, nous pouvons nous demander comment développer cette dimension – donc notre capacité à donner du sens – quelle que soit notre position par rapport à sa provenance.

On a alors trois moyens pour ce faire.

  • Premièrement, le temps consacré à la spiritualité. Il peut s’agir de méditation ou de prière. On réfléchit au sens des choses. Il faut définir ce temps, en dehors de nos activités quotidiennes.
  • Le second moyen est le contact avec les autres. Leur aide est primordiale pour apporter le sens recherché. On peut, par exemple, appartenir à une communauté religieuse, qui va nous aider et nous guider.
  • Le troisième moyen se trouve dans la vie de tous les jours : le retour au réel. Certaines circonstances, certains événements, permettent de s’orienter, d’avoir une sorte de preuve sur l’absurdité ou le bon sens de notre vision des choses.

Méditation, soutien des autres et retour au réel : voici donc les moyens d’exercer l’intelligence spirituelle. Dans la frénésie quotidienne, il est très facile de perdre cette intelligence spirituelle, si elle ne fait pas partie de nos priorités…

 

d’après Pierre-Yves Gomez, économiste et co-initiateur du Courant pour une Ecologie Humaine

 

Une clé pour la réussite scolaire : la ténacité

Pour « une mentalité de croissance » : la capacité à apprendre n’est pas fixée, elle peut changer avec l’effort. L’intelligence ne suffit pas.
à partir d’une intervention et du livre d’Angela Lee Duckworth, « l’art de la niaque »
Grit: The Power of Passion and Perseverance

les sous titres peuvent être activés si besoin.  

Retranscription complète de la vidéo :
 Quand j’avais 27 ans,  j’ai abandonné un travail très exigeant de consultante en management pour un travail encore plus exigeant : l’enseignement. Je suis allée enseigner les maths à des élèves de cinquième dans les écoles publiques de New York. Et comme n’importe quel enseignant, je faisais des questionnaires et des tests. Je donnais des devoirs à la maison. Quand mes élèves me rendaient le travail, je calculais les notes.
Ce qui m’a frappée, c’est que le Q.I. n’était pas la seule différence entre mes meilleurs élèves et les moins bons. Certains de ceux qui avaient les meilleurs résultats n’avaient pas un Q.I. phénoménal.
Certains de mes élèves parmi les plus intelligents ne réussissaient pas très bien. Et ça m’a fait réfléchir. Les choses qu’on doit apprendre en maths en cinquième, bien sûr, c’est dur : les fractions, les décimales, la surface d’un parallélogramme. Mais ces concepts ne sont pas impossibles à comprendre, et j’étais fermement convaincue que tous mes élèves pouvaient apprendre ces notions s’ils travaillaient assez dur et assez longtemps.
Après plusieurs années passées à enseigner, je suis arrivée à la conclusion que ce dont nous avons besoin, dans l’éducation, c’est d’une meilleure compréhension des élèves et du processus d’apprentissage du point de vue de la motivation, du point de vue psychologique.  Dans l’éducation, ce que nous savons le mieux mesurer, c’est le quotient intellectuel. Mais si réussir à l’école et dans la vie dépendait de bien plus que de la capacité à apprendre rapidement et facilement ?
J’ai donc quitté ma salle de classe, et je suis allée passer mon diplôme pour devenir psychologue. J’ai commencé à étudier les enfants et les adultes dans toutes sortes de situations très exigeantes, et dans chaque étude, ma question était : qui réussit dans cette situation et pourquoi ? Je suis allée avec mon équipe de recherche à l’Académie militaire de West Point.
Nous avons essayé de prédire quels cadets poursuivraient leur formation militaire et lesquels abandonneraient. Nous sommes allés au National Spelling Bee [concours d’orthographe aux Etats-Unis] et nous avons essayé de prédire quels enfants iraient le plus loin dans la compétition. Nous avons étudié des professeurs débutants qui travaillaient dans des quartiers vraiment difficiles, et nous nous sommes demandé quels professeurs enseigneraient encore là à la fin de l’année scolaire, et parmi ceux-là, lesquels réussiraient le mieux à améliorer les résultats d’apprentissage de leurs élèves. Nous nous sommes associés à des compagnies privées, et nous nous sommes demandé : lesquels de ces vendeurs garderont leur travail ? Et qui va gagner le plus d’argent ?
Dans tous ces contextes très différents, une caractéristique est ressortie comme un facteur significatif de succès. Et ce n’était pas l’intelligence sociale. Ce n’était pas l’apparence, la santé physique, et ce n’était pas le Q.I. C’était la ténacité.
La ténacité, c’est la passion et la persévérance pour des objectifs à très long terme. La ténacité, c’est avoir de l’endurance. La ténacité, c’est s’accrocher à son futur, jour après jour pas seulement pendant une semaine, ou un mois, mais pendant des années, et travailler vraiment dur pour que ce futur devienne une réalité. La ténacité, c’est vivre sa vie comme si elle était un marathon, pas un sprint.
 Il y a quelques années, j’ai commencé à étudier la ténacité dans les écoles publiques de Chicago.  J’ai demandé à des milliers de collégiens de répondre à des questionnaires sur la ténacité, et j’ai ensuite attendu plus d’un an pour voir lesquels allaient obtenir leur diplôme.
Le résultat, c’est que les enfants les plus tenaces avaient beaucoup plus de chances d’avoir leur diplôme, même quand je les faisais correspondre à toutes les variables que je pouvais mesurer, comme les revenus de leur famille, leurs résultats aux tests de réussite standards, et même s’ils se sentaient en sécurité quand ils étaient à l’école.
Donc ce n’est pas seulement à West Point ou au National Snelling Bee que la ténacité est importante. C’est aussi à l’école, en particulier pour les enfants qui risquent d’abandonner en cours de route.  Pour moi, ce qui me choque le plus à propos de la ténacité, c’est à quel point on sait peu de choses, à quel point la science sait peu de choses, sur la manière dont on la construit.
Chaque jour, des parents et des enseignants me demandent : « Comment faire pour que mes enfants soient tenaces ? Qu’est-ce que dois faire pour enseigner aux enfants une éthique solide du travail ? Comment je dois faire pour qu’ils restent motivés sur la durée ? »
Pour être honnête, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est qu’avoir du talent ne vous rend pas tenace. Nos données montrent très clairement qu’il y a beaucoup d’individus talentueux qui ne persévèrent pas dans leurs engagements.  En fait, dans nos données, la ténacité est généralement sans rapport avec le talent, voire inversement proportionnelle aux mesures de talent.
Jusqu’à présent, la meilleure idée que j’aie entendue sur la manière de développer la ténacité des enfants s’appelle « la mentalité de croissance ». C’est une idée développée à l’Université de Stanford par Carol Dweck, et c’est la conviction que la capacité à apprendre n’est pas fixée, qu’elle peut changer avec l’effort.
Le Dr. Dweck a montré que quand les enfants lisent et apprennent des choses sur le cerveau, sur la manière dont il change et grandit en réponse à un défi, ils sont bien plus susceptibles de persévérer quand ils échouent, parce qu’ils ne croient pas que l’échec est une condition permanente. La mentalité de croissance est donc une excellente idée pour construire la ténacité.
Mais nous avons besoin de plus. Et je vais finir sur ces remarques, parce que c’est là que nous en sommes. C’est le travail qui nous attend. Nous devons prendre nos meilleures idées, nos intuitions les plus fortes, et nous devons les tester. Nous devons mesurer si nous avons réussi, et nous devons être prêts à échouer, à avoir tort, à recommencer en ayant appris de nos erreurs.
 
En d’autres termes, nous devons être tenaces pour faire en sorte que nos enfants soient plus tenaces.

Une vie en quête de sens et d équilibre 

Le témoignage de Pierre et de Gwen, à la lumière de Laudato Si’ :

 » La vie que nous avons choisie, avec Gwen, ma femme, est une quête de sens et d’équilibre.

Nous sommes parents de quatre enfants, et paysans installés en production laitière depuis dix ans à St-Laurent. Notre ferme est en conversion à l’agriculture biologique.

Que dire de notre histoire à la lumière de Laudato’Si ?

En premier lieu, Gwen ne partage pas la même foi que la mienne. Je dirais qu’elle vit l’Evangile, mais sans le diviniser. Toute sa vie est tournée vers un sens de la chose juste, elle dit que sa vocation, c’est nourrir et élever.

Pour ce qui me concerne, après quarante ans de recherche et d’errance, j’ai été baptisé l’an passé.

J’ai trouvé le sens de mon existence dans la spiritualité Chrétienne. Notre chemin de vie est recherche d’harmonie entre l’homme et la terre, avec les réalités contemporaines et les tiraillements qu’elle induit, les compromis, le temps à prendre.

En tant que Chrétien, et ce que je cherchais dans une relation avec ma part divine, c’est dans l’Eucharistie que je l’ai trouvé.

L’Eucharistie, c’est la rencontre avec Dieu, dans un Christ qui se fait chair, par les fruits de la terre et du travail des hommes. Il devient inconcevable dès lors, de proposer à offrir en partage un pain et un vin corrompu par des actes et des pratiques nocives pour les hommes et pour la terre. C’est pour moi le fondement de ma vie de baptisé, mais c’était déjà le cas avant de l’être.

Je prends conscience, en fait, de ce qu’est la vie éternelle. Je la vois comme une onde de choc. Dès avant notre naissance, avant même notre conception, il y a un projet, une projection de notre vie dans le monde. Tout acte, tout propos, toute pensée se propage dans l’univers, comme une goutte qui tombe dans l’eau, à l’infini. Cette idée que j’en ai, fait que je veux laisser de mon passage sur terre, le meilleur souvenir possible, une intention qui se dilate dans l’univers avec bienveillance.

Cela n’est pas de tout repos, nous ne faisons pas toujours les bons choix, mais ce qui compte, c’est d’être en chemin.

Alors, comment cela se traduit-il concrètement dans notre mode de vie ?

En famille, avec nos enfants, nous essayons d’avoir une alimentation saine, biologique, locale et sociale. C’est notre première médecine, et ce n’est pas nouveau. Nous transformons et consommons les produits issus de notre ferme comme le lait, le beurre, la crème, les yaourts, le fromage blanc, la viande 1 a 2fois /semaine, le miel de nos abeilles, les œufs de nos poules et cultivons un jardin pour quelques légumes.

Le reste est acheté, en frais, sur le marché chaque semaine. Ce choix de consommation nous permet d’être en bonne santé, et donc notre recours aux médicaments est très faible avec une priorité à l’usage de l’homéopathie, et la phytothérapie, en cas de besoin.

La sobriété heureuse dont parle Pierre Rabhi.

Dans notre habitat, notre maison a été partiellement construite avec des matériaux bruts de la ferme, (arbres de nos des talus pour la charpente, paille et terre pour les murs, isolation en laine de bois…) et mise en valeur par de la main d’œuvre locale. Moins de transport, plus d’emploi, plus de lien, plus de vie fraternelle. Avec notre cuisinière à bois, Nous chauffons, cuisinons et séchons notre linge simplement. C’est une énergie totalement renouvelable, d’autant plus que ce bois est issu de l’élagage des nos arbres, ce qui contribue, en plus, au respect et maintien du bocage. Toilette sèche dans la maison, pas d’eau gaspillée. Bref, toutes sortes d’actes, de petites choses, chacun selon sa mesure.

Notre métier est, lui aussi, une composante de cette recherche. Installé depuis dix ans, nous avons franchi le pas de l’agriculture biologique. Ce n’est pas le graal, mais la suite logique de la démarche d’autonomie. La Ferme est un organisme vivant en lui-même. Ce que nous essayons de faire est de trouver l’équilibre entre l’humain, l’animal, la plante et la terre, le domestiqué et le sauvage, la vie du sol, bactérie et mycorhize, le sensible, et le spirituel qui y vibre.

Pour qu’une ferme fonctionne, il faut faire en sorte que la nature propre à chaque élément puisse s’exprimer, pour former une symbiose. Le domestiqué doit laisser de la place au sauvage. L’observation du sauvage est riche d’enseignement, elle nous met en relation directe avec la complexité de la Création. Notre monde technique et « productionniste », par tous les artifices qu’il propose, (pétrole, chimie, science, électricité) forme une sorte de film invisible entre l’homme moderne et le vivant. Il est essentiel de retrouver une relation directe et bienveillante avec la Création, de renouer avec notre humus.

Vous aurez peut-être remarqué, mais je ne parle pas d’exploitation agricole. Les mots ont une grande importance, toute personne qui prie, le sait, il y a une énergie du Verbe. Hors, dans une exploitation, il y a un exploitant et un exploité. Si l’on veut recréer le lien entre l’homme et de la nature, il y a des mots auxquels il va falloir renoncer. Je pense que la souffrance du monde agricole aujourd’hui, vient du fait d’avoir perdu son âme. J’ai l’impression que notre Terre nourricière se rebelle contre cette attitude de prédation, où la nature est un ennemi potentiel, et l’exploitant se sent en insécurité dans une nature qu’il ne connait plus…

Nous sommes paysans, habitat du pays, l’onde de choc qui devrait être la notre, c’est d’être le sel de la terre, le levain dans la pâte. Partager, nourrir, élever, cultiver, croire… On peut être respectueux et rentable à la fois. Laissons-nous inspirer par l’Amour, plutôt que par la peur.

A l’heure des choix, être autonome implique la responsabilité ; il n’y a pas de petits actes, tous comptent.

Changer de vie, c’est apprendre à marcher autrement.

Pierre Chesnot

 

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Plus vite, plus loin, mais jusqu’où ?

 » L’accélération continuelle des changements de l’humanité et de la planète s’associe aujourd’hui à l’intensification des rythmes de vie et de travail, dans ce que certains appellent “rapidación”. Bien que le changement fasse partie de la dynamique des systèmes complexes, la rapidité que les actions humaines lui imposent aujourd’hui contraste avec la lenteur naturelle de l’évolution biologique.

« À cela, s’ajoute le fait que les objectifs de ce changement rapide et constant ne sont pas nécessairement orientés vers le bien commun, ni vers le développement humain, durable et intégral. Le changement est quelque chose de désirable, mais il devient préoccupant quand il en vient à détériorer le monde et la qualité de vie d’une grande partie de l’humanité. »     Laudato Si’ – 18 – Ce qui se passe dans notre maison commune

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Et pour s’ouvrir à « l’éternité au cœur du temps », pourquoi pas un petit tour dans le jardin potager ?

Le potager de mon Grand Père 

Nos prochains rendez vous

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La nature est pleine de mots d’amour

Un appel à la conversion :

L’humanité a besoin de chan­ger. La conscience d’une origine commune, d’une appartenance mutuelle et d’un avenir partagé par tous, est nécessaire. Laudato Si’ 202

La crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure. LS 217

L’ouver­ture à un “ tu ” capable de connaître, d’aimer, et de dialoguer continue d’être la grande noblesse de la personne humaine. LS 119

L’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des res­sources pour une saine croissance en d’autres par­ties. LS193

La gravité de la crise écologique exige que tous nous pensions au bien commun et avancions sur un chemin de dialogue qui demande patience, ascèse et générosité, nous souvenant toujours que « la réalité est supérieure à l’idée ». LS 200

J’invite tous les chrétiens à expliciter cette dimension de leur conversion, en permettant que la force et la lumière de la grâce reçue s’étendent aussi à leur relation avec les autres créatures ainsi qu’avec le monde qui les entoure, et suscitent cette fraterni­té sublime avec toute la création, que saint Fran­çois d’Assise a vécue d’une manière si lumineuse. LS 221

La nature est pleine de mots d’amour, mais comment pourrons-nous les écouter au milieu du bruit constant, de la distraction permanente et anxieuse, ou du culte de l’apparence ? Laudato Si’  225

Vous habitez en Côtes d’Armor ? Vous pouvez nous aider à retrouver le sens de la contemplation ? Nous aider à regarder en famille comment nous habitons « notre maison commune » ?  

Nous serons heureux de relayer votre invitation , vos initiatives …

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