Une vie en quête de sens et d équilibre 

Le témoignage de Pierre et de Gwen, à la lumière de Laudato Si’ :

 » La vie que nous avons choisie, avec Gwen, ma femme, est une quête de sens et d’équilibre.

Nous sommes parents de quatre enfants, et paysans installés en production laitière depuis dix ans à St-Laurent. Notre ferme est en conversion à l’agriculture biologique.

Que dire de notre histoire à la lumière de Laudato’Si ?

En premier lieu, Gwen ne partage pas la même foi que la mienne. Je dirais qu’elle vit l’Evangile, mais sans le diviniser. Toute sa vie est tournée vers un sens de la chose juste, elle dit que sa vocation, c’est nourrir et élever.

Pour ce qui me concerne, après quarante ans de recherche et d’errance, j’ai été baptisé l’an passé.

J’ai trouvé le sens de mon existence dans la spiritualité Chrétienne. Notre chemin de vie est recherche d’harmonie entre l’homme et la terre, avec les réalités contemporaines et les tiraillements qu’elle induit, les compromis, le temps à prendre.

En tant que Chrétien, et ce que je cherchais dans une relation avec ma part divine, c’est dans l’Eucharistie que je l’ai trouvé.

L’Eucharistie, c’est la rencontre avec Dieu, dans un Christ qui se fait chair, par les fruits de la terre et du travail des hommes. Il devient inconcevable dès lors, de proposer à offrir en partage un pain et un vin corrompu par des actes et des pratiques nocives pour les hommes et pour la terre. C’est pour moi le fondement de ma vie de baptisé, mais c’était déjà le cas avant de l’être.

Je prends conscience, en fait, de ce qu’est la vie éternelle. Je la vois comme une onde de choc. Dès avant notre naissance, avant même notre conception, il y a un projet, une projection de notre vie dans le monde. Tout acte, tout propos, toute pensée se propage dans l’univers, comme une goutte qui tombe dans l’eau, à l’infini. Cette idée que j’en ai, fait que je veux laisser de mon passage sur terre, le meilleur souvenir possible, une intention qui se dilate dans l’univers avec bienveillance.

Cela n’est pas de tout repos, nous ne faisons pas toujours les bons choix, mais ce qui compte, c’est d’être en chemin.

Alors, comment cela se traduit-il concrètement dans notre mode de vie ?

En famille, avec nos enfants, nous essayons d’avoir une alimentation saine, biologique, locale et sociale. C’est notre première médecine, et ce n’est pas nouveau. Nous transformons et consommons les produits issus de notre ferme comme le lait, le beurre, la crème, les yaourts, le fromage blanc, la viande 1 a 2fois /semaine, le miel de nos abeilles, les œufs de nos poules et cultivons un jardin pour quelques légumes.

Le reste est acheté, en frais, sur le marché chaque semaine. Ce choix de consommation nous permet d’être en bonne santé, et donc notre recours aux médicaments est très faible avec une priorité à l’usage de l’homéopathie, et la phytothérapie, en cas de besoin.

La sobriété heureuse dont parle Pierre Rabhi.

Dans notre habitat, notre maison a été partiellement construite avec des matériaux bruts de la ferme, (arbres de nos des talus pour la charpente, paille et terre pour les murs, isolation en laine de bois…) et mise en valeur par de la main d’œuvre locale. Moins de transport, plus d’emploi, plus de lien, plus de vie fraternelle. Avec notre cuisinière à bois, Nous chauffons, cuisinons et séchons notre linge simplement. C’est une énergie totalement renouvelable, d’autant plus que ce bois est issu de l’élagage des nos arbres, ce qui contribue, en plus, au respect et maintien du bocage. Toilette sèche dans la maison, pas d’eau gaspillée. Bref, toutes sortes d’actes, de petites choses, chacun selon sa mesure.

Notre métier est, lui aussi, une composante de cette recherche. Installé depuis dix ans, nous avons franchi le pas de l’agriculture biologique. Ce n’est pas le graal, mais la suite logique de la démarche d’autonomie. La Ferme est un organisme vivant en lui-même. Ce que nous essayons de faire est de trouver l’équilibre entre l’humain, l’animal, la plante et la terre, le domestiqué et le sauvage, la vie du sol, bactérie et mycorhize, le sensible, et le spirituel qui y vibre.

Pour qu’une ferme fonctionne, il faut faire en sorte que la nature propre à chaque élément puisse s’exprimer, pour former une symbiose. Le domestiqué doit laisser de la place au sauvage. L’observation du sauvage est riche d’enseignement, elle nous met en relation directe avec la complexité de la Création. Notre monde technique et « productionniste », par tous les artifices qu’il propose, (pétrole, chimie, science, électricité) forme une sorte de film invisible entre l’homme moderne et le vivant. Il est essentiel de retrouver une relation directe et bienveillante avec la Création, de renouer avec notre humus.

Vous aurez peut-être remarqué, mais je ne parle pas d’exploitation agricole. Les mots ont une grande importance, toute personne qui prie, le sait, il y a une énergie du Verbe. Hors, dans une exploitation, il y a un exploitant et un exploité. Si l’on veut recréer le lien entre l’homme et de la nature, il y a des mots auxquels il va falloir renoncer. Je pense que la souffrance du monde agricole aujourd’hui, vient du fait d’avoir perdu son âme. J’ai l’impression que notre Terre nourricière se rebelle contre cette attitude de prédation, où la nature est un ennemi potentiel, et l’exploitant se sent en insécurité dans une nature qu’il ne connait plus…

Nous sommes paysans, habitat du pays, l’onde de choc qui devrait être la notre, c’est d’être le sel de la terre, le levain dans la pâte. Partager, nourrir, élever, cultiver, croire… On peut être respectueux et rentable à la fois. Laissons-nous inspirer par l’Amour, plutôt que par la peur.

A l’heure des choix, être autonome implique la responsabilité ; il n’y a pas de petits actes, tous comptent.

Changer de vie, c’est apprendre à marcher autrement.

Pierre Chesnot

 

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La découverte de l’amour désarmé

Lorsque je suis tombée malade pour la première fois, j’ai vu mes parents, incertains de l’avenir qui m’attendait, acculés à l’expression d’un amour inconditionnel : ils n’avaient plus la ressource que de m’aimer, désormais eux aussi, à la folie, dans la totale impuissance de rien pouvoir faire pour moi. C’est comme si la maladie avait désarmé leur amour, ne leur laissant que le choix de se tourner à leur tour vers Celui qui est Tout Amour.

J’ai su très tôt que mon besoin d’un tel amour était si profond, si violent, si désespéré, que je suis tombée malade en partie pour me mettre en état de le donner et de le recevoir comme cette eau dont j’étais morte de soif sur la margelle du puits.

Ainsi, sans qu’il faille décortiquer l’histoire du sujet ou entreprendre une thérapie familiale, celui qui tombe malade, qui accepte de tomber dans les bras de la faiblesse rend à tout son entourage le service de permettre la découverte de l’amour désarmé.

Tous les malades sont, à l’image du Christ, des « guérisseurs souffrants » : ils font découvrir à autrui une dimension de l’amour qui reste inconnue à ceux qui n’aiment que dans l’inconscience d’un bonheur humain, auquel manque la profondeur bouleversante de la tendresse de Dieu

La découverte de l’Amour désarmé. La bouleversante tendresse de Dieu ….

 

 

pour vivre Pâques 2016 , en choisissant l’Espérance !
d’après Véronique Dufief – La souffrance désarmée – Salvator

 

 

Nos prochains rendez vous

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Et vous , en famille, qui dites vous que Je suis ?

C’est la rentrée !

Une nouvelle rentrée. Les nouveaux rythmes, la scolarité des enfants, les activités en tous genres !.. .
Le temps aussi de se donner des priorités !

Pourquoi pas en famille répondre à une bonne question ?

© Christophe Gosselin

C’est la rentrée …   » Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16)
Et ça change quoi dans notre vie de famille pour cette année ?